Acrylique sur toile 50×60 cm

Ce tableau s’ouvre comme un seuil : celui d’un sous-bois dense, vibratoire, où l’eau et la lumière orchestrent une scène d’initiation.
La construction spatiale est pensée autour d’un axe diagonal descendant, matérialisé par la chute d’eau. Cette diagonale guide le regard depuis le haut droit de la toile vers le bassin inférieur, avant de le ramener vers la jeune femme qui inscrit dans la périphérie du monde végétal. Ce choix est essentiel ; il refuse toute domination visuelle et affirme une cohabitation. Elle est un point de mesure : une échelle face à la profondeur du monde naturel. Sa petite taille accentue l’ampleur de l’environnement et rappelle une tradition picturale où l’humain sert avant tout à révéler l’immensité — mais ici, l’immensité n’est pas sublime ou écrasante ; elle est enveloppante.
Les troncs verticaux scandent la profondeur et jouent le rôle de piliers naturels. Ils structurent l’espace tout en laissant filtrer une lumière zénithale, presque spirituelle, qui semble descendre par nappes diffuses. Le spectateur est ainsi invité à entrer dans la scène, à s’y déplacer lentement, comme dans une clairière mentale.
J’ai souhaité évoquer une écologie sensible, non militante, fondée sur l’expérience intime plutôt que sur le discours. Il n’y a ni spectacle ni dramatisation : seulement une invitation à ralentir, à regarder, à habiter un instant la continuité du vivant.












